Peut-on contester une accusation de conduite en état d’ébriété ?
Oui.
Une accusation de conduite en état d’ébriété (ou conduite avec les capacités affaiblies) peut tout à fait être contestée.
Même si la preuve semble accablante, il existe plusieurs moyens de défense prévus par la loi pour protéger vos droits et remettre en question la validité de la preuve présentée par la police.
Au Québec, les tribunaux exigent que chaque étape de l’arrestation, de la détention et de l’analyse d’alcoolémie soit conforme au Code criminel et à la Charte canadienne des droits et libertés.
La moindre erreur de procédure ou atteinte aux droits peut entraîner le rejet de la preuve — voire l’acquittement.
Comprendre l’accusation
La conduite en état d’ébriété, prévue à l’article 320.14 du Code criminel, peut viser toute personne qui :
- conduit ou a la garde d’un véhicule alors que ses capacités sont affaiblies par l’alcool, la drogue ou une combinaison des deux ;
- ou présente un taux d’alcoolémie supérieur à 80 mg d’alcool par 100 ml de sang (“plus de 80”).
Les sanctions sont sévères : amende minimale de 1 000 $, suspension de permis, casier judiciaire, et, dans certains cas, emprisonnement.
Mais cela ne signifie pas qu’une condamnation est automatique.
Les principaux moyens de contester une accusation
Un avocat en droit criminel expérimenté analysera en détail le dossier afin d’identifier les failles dans la preuve.Voici les stratégies les plus courantes :
1. Contester la légalité de l’arrestation
La police doit avoir des motifs raisonnables pour intercepter un conducteur, procéder à son arrestation et exiger un test d’alcoolémie.
Si ces motifs font défaut (ex. : aucun signe d’ébriété, contrôle aléatoire injustifié), la défense peut demander l’exclusion de la preuve recueillie après l’arrestation.
2. Contester la validité du test d’alcoolémie
Les appareils de détection doivent être calibrés, entretenus et utilisés selon des protocoles stricts.
Les erreurs les plus fréquentes incluent :
- un délai excessif entre l’arrestation et le prélèvement des échantillons ;
- un défaut d’entretien de l’appareil ;
- des résultats incohérents entre les tests ;
- le non-respect du délai minimal de 15 minutes avant le test pour éviter une contamination.
Une seule irrégularité peut suffire à soulever un doute raisonnable sur la fiabilité du résultat.
3. Violation des droits garantis par la Charte
Chaque personne arrêtée bénéficie de droits constitutionnels :
- le droit d’être informé des motifs de son arrestation ;
- le droit de garder le silence ;
- le droit de consulter un avocat sans délai.
Si ces droits ont été violés (ex. impossibilité de parler à un avocat avant les tests, détention prolongée sans motif), la défense peut demander que la preuve soit écartée en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés.
4. Absence de preuve d’affaiblissement des facultés
Même si une consommation d’alcool est admise, la poursuite doit démontrer que les capacités de conduite étaient réellement altérées.
Une conduite stable, un comportement cohérent ou des témoignages crédibles peuvent appuyer la défense.
5. Contestation du lien entre l’alcoolémie et la conduite
La loi présume que le taux d’alcool mesuré reflète l’état du conducteur au moment de la conduite.
Cependant, si un délai prolongé s’est écoulé entre la conduite et le test, la défense peut plaider que l’alcool a été consommé après la conduite, invalidant ainsi la présomption légale.
L’importance d’une analyse détaillée du dossier
Chaque dossier est unique.
Un avocat en droit criminel examinera attentivement :
- le rapport de police complet ;
- les observations et témoignages ;
- les rapports techniques des appareils utilisés ;
- le respect des délais et des protocoles légaux.
Cette analyse permettra de déterminer si la preuve justifie le maintien des accusations ou s’il est possible de demander un retrait ou un acquittement.
Les résultats possibles d’une contestation
Selon les circonstances, une contestation peut mener à :
- un acquittement complet, si la preuve est inadmissible ;
- une réduction des accusations (ex. : conduite imprudente plutôt que facultés affaiblies) ;
- un retrait des accusations avant le procès ;
- ou une peine allégée, dans le cadre d’une entente négociée.
Conclusion
Oui, il est tout à fait possible de contester une accusation de conduite en état d’ébriété.
Les tribunaux exigent que la police respecte des règles strictes lors de l’interception, de l’arrestation et de l’analyse d’alcoolémie. Le non-respect de ces règles peut permettre d’obtenir un acquittement ou un retrait complet du dossier.
Si vous êtes accusé, ne plaidez pas coupable avant d’avoir consulté un avocat en droit criminel. Un avocat expérimenté pourra examiner la preuve, soulever les failles du dossier et défendre efficacement vos droits devant le tribunal.
Pour en savoir plus sur la manière dont ces dossiers sont généralement traités, consultez nos pages sur les voies de fait et les agressions sexuelles.
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